COLLECTIF ‘AMNISTIA PLD’

Desembre 22, 2006

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COLLECTIF ‘AMNISTIA.PRESÓ.LLUITES.DRET’
AMNISTIE PRISONnier-e-s et réfugié-e-s politiques.
LUTTES de libérations sociales et nationales.
DROIT à l’autodétermination.
En constitution…

Adeù company-e-s,

La Déclaration de Donostia 23.05.04 et l’APPEL du 24.11.06 constituent un préalable à la pétition de soutien aux prisonnier-e-s et réfugié-e-s politiques, laquelle reste à diffuser et pourrait être discutée dans le contexte suivant :

le collectif ‘Amnistia.Presó.LLuites.Dret’ est totalement informel pour le moment. Jusqu’à présent, cet outil en formation a permis de réaliser deux petites actions symboliques à partir d’une poignée de volontés individuelles qui ont pris appui sur la base minimale suivante :

- le respect et l’exercice du Droit à la liberté d’expression et d’association,

- la solidarité aux luttes de libérations sociales et nationales articulées au Droit à l’autodétermination des peuples,

- la reconnaissance immédiate (2) par les États concernés (3), de la dimension politique des dits ‘problèmes basques, corses, bretons, kanaks, occitans, sardes, amazighs, italiens, palestiniens, catalans…’ et par conséquent du statut de prisonnier-e politique des membres incarcérés de ces luttes,
(2) Déjà rendue effective par l’Union Européenne et l’ONU.
(3) Incontournable point de départ pour le processus de résolution du conflit politique.

- l’amnistie et la libération, sans conditions, de l’ensemble des prisonnier-e-s et réfugié-e-s politiques en détention avec la présence actuelle en Catalogne Nord, au Centre de Détention de Perpignan, des deux détenus etarras : Maria Soledad Iparragirre Guenetxea et Mikel Albisu Iriarte qui risquent à tout moment leur extradition dans l’État espagnol,

- la dénonciation de l’existence en Catalogne Nord (4), à partir des Centres de Détention et de Rétention de Perpignan : d’une plaque-tournante à grande échelle de transfert et d’extraditions transfrontalières de prisonnier-e-s et réfugié-e-s politiques associée à un dispositif de contrôle intensif de la mobilité des populations, dont en priorité : les immigrés… projet conçu et planifié par les États français et espagnols, avec la complicité active ou passive d’une majorité d’élus locaux.
(4) Celle-ci est considérée uniquement comme territoire frontalier et zone de transit et non pas en tant qu’entité réelle avec ses propres ressources…

Ces actions publiques visent à :

- inviter de façon très large la population de Catalogne Nord à aborder, s’informer, débattre et se positionner publiquement sur un problème grave, jusque-là maintenu sous silence… celui de la détention de Résistants qui tombe sous le coup de lois anti-terroristes proches d’un État d’exception. Elles nient la légitimité de leurs luttes politiques utilisant la forme armée ou non : syndicales, associatives, culturelles, institutionnelles, juridiques…
- commencer la constitution d’un collectif de soutien aux prisonnier-e-s et réfugié-e-s politiques qui pourrait assumer clairement une dimension politique en s’inscrivant dans le contexte des luttes de libérations sociales et nationales indissociables du droit à l’autodétermination des peuples.

Nous pensons qu’il faut considérer cette partie de la réalité politique et sociale : d’une manière responsable et sérieuse. Nous ne pouvons ‘garder notre bouche close’ car cette absence totale de parole est très inquiétante sur notre capacité actuelle à réagir face à une injustice et à reconnaître le lien indissociable entre les prisonnier-e-s politiques et la dimension politique des luttes. Celle-ci, entendue dans le sens humain du terme puisque nous nous partageons une existence commune et que nous avons à construire chaque jour nos diverses dimensions sociales avec nos réalités et diversités propres, en étroite solidarité avec d’autres : si nous acceptons d’être responsable de nos destins humains et du plein exercice de la Liberté.
Rester dans le silence n’est pas acceptable : c’est clairement se rendre complice avec un système que nous sommes censé refuser. Comment espérer être cohérent si nous abandonnons ceux qui s’engagent dans des luttes sociales collectives, de gauche et réellement participatives pour la liberté et la diversité des peuples… Que faisons-nous avec ça ?
Comment pouvons-nous oublier que la plus grande des violences est celle du système capitaliste et de ses avatars ? Qu’il a provoqué et provoque encore des milliers de morts : de façon extrêmement ‘banale’ par l’exploitation au travail et plus ‘spectaculaire’ lors des guerres, lesquelles sont de cyniques opérations financières.
Si la mobilité de l’argent, les flux de capitaux, ne connaît aucune limitation : les peuples, eux, sont soumis à des frontières artificielles toujours plus nombreuses. Un règne sans partage pour l’un et ses clones, un contrôle permanent pour tout les autres.

C’est pourquoi potentiellement, chaque résistance est une cible et reste dans la ligne de mire d’intérêts financiers et étatiques en dehors de toute Lois et de l’Humanité. Si chaque jour nous affrontons cette destruction de nos vies toujours plus précaires, nous avons TOUT à construire sans reproduire les modèles dominants, à partir de nos chemins communs de traverse.
De nombreux peuples et populations réalisent déjà ce projet ‘insensé’ pour certains, ‘menaçant’ pour d’autres de :
- sortir des normes mondiales imposées par un modèle économique unique et centralisé y compris dans ses démultiplications diverses portant des noms différents,
- élaborer des réponses et modes d’existences collectifs propres, participatifs et en assemblées,
- ne plus subir les impacts terribles du jeu d’échec du capitalisme, au travers des multinationales et délocalisations multiples…

Chaque jour, des syndicalistes sont incarcérés, des membres d’associations culturelles et politiques, des journalistes, des travailleur-euse-s, des combattant-e-s de la lutte armée, des réfugié-e-s de retour d’exil politique : tous agissent dans le contexte politique de la lutte de libération sociale et nationale, pour l’intérêt collectif de leur peuple et JAMAIS pour des intérêts personnels. Nos luttes respectives se rejoignent et elles s’articulent les unes avec les autres.
En Catalogne Nord, une et plusieurs réponses collectives sont nécessaires, c’est pourquoi il nous semble crucial de travailler là-dessus, sans craindre d’éventuels conflits de points de vue, afin de trouver et construire ensemble une forme commune cohérente qui puisse porter le sens de notre dignité humaine et de nos luttes collectives…
VIVE LA TERRE !
VIVE LA LIBÉRATION ET L’INDÉPENDANCE SOCIALISTE !

05.12.06 / Perpignan, Catalogne Nord, PPCC.

Pour toute information et contact : amnistiapreso.lluitesdret@laposte.net

VERSIÓ CATALANA
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5. ACTION SYMBOLIQUE. 24.11.06 / 13H45

Desembre 20, 2006

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13H45
Je me dirige vers la grille de l’entrée avec mon sac et la petite table repliée, sous le bras. Nouvelle installation, juste devant la grille du Centre de Détention de Perpignan.
Cinq minutes plus tard, la voiture de police sort de l’établissement. Un homme d’une cinquantaine d’années arrive peu de temps après. Il me dit bonjour et il commence à feuilleter les documents posés sur la table…
Des véhicules entrent et sortent du C.D… L’homme entame alors une longue conversation en catalan (3) où en parlant de lui, il tente d’en savoir plus sur moi. Il glisse quand même dans la conversation qu’il travaillait dans la sécurité, avant d’être licencié… Il joue sur le registre de la ‘bonhomie’ et de la ‘compassion’. Il me demande mon avis sur tout et n’importe quoi… Il passe d’un sujet à un autre.
Enfin, en vue d’obtenir une ‘couleur’ à rapporter ensuite, il utilise plusieurs ‘clés locales’ aux deux faces opposées de Catalogne Nord, comme les quatre thèmes : « racisme-fascisme », « la retirada (l’exil politique) en 1939 et les camps de concentration de Rivesaltes, Argelès, etc… », « les gitans » et « les politiciens véreux »…
Justement, une jeune femme gitane sort du C.D avec son jeune enfant dans les bras. Elle me dit bonjour et regarde un moment les documents. Elle voit alors le livre sur la Torture. Elle lève la tête et me jette un regard rempli d’inquiétude et de perplexité.

La femme
Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il est comme ça ?

Membre du collectif (en constitution…)
Comme des centaines de basques, femmes et hommes, il a été torturé lors d’une mise au secret par la guardia civil et la police espagnoles.

La femme
Pourquoi est-ce qu’on les emmène en prison ?

Membre du collectif (en constitution…)
Les États français et espagnol ne leur reconnaissent pas le Droit de revendiquer et se battre pour l’existence libre de leur peuple et pays. Comme les corses, les bretons, les catalans, les palestiniens et bien d’autres, les basques veulent avoir le Droit de décider eux-mêmes pour leur vie et leur avenir. Chaque jour, le peuple basque lutte face à l’injustice des États français et espagnol : dans ses villages, ses villes, au travail, en associations et parfois certains prennent la décision d’utiliser les armes. Mais c’est dans le cadre d’une Résistance collective, celle d’un peuple, ce n’est pas pour des intérêts personnels ! Les seules cibles sont toujours celles de responsables et tortionnaires avérés. Les logiques et motivations de cette résistance armée n’ont absolument rien en commun avec les crimes massifs commis notamment par les États français et espagnol contre des peuples entiers.

La femme
Oui, je comprends très bien…

Elle le dit doucement et avec sincérité, tout en soutenant mon regard… Elle baisse la tête et regarde encore un moment la couverture, en silence. Elle la cache à sa fille qu’elle tient dans ses bras… Puis elle me remercie et s’en va à pied, sur la route.
Brisant le refrain de la ‘bonhomie’, l’homme me dit avec une certaine nervosité et agressivité mal contenue que JAMAIS les gitans ne signeront la pétition… Que c’est impossible. Visiblement, ce soutien déclaré ne lui plaît pas. Il pourrait avoir des suites…
Je regarde ma montre, cette action est finie. Pendant que je range mes affaires, l’homme s’enquiert toujours de façon périphrastique des suites possibles à venir. Ma réponse reste vague, tout en lui confirmant qu’il y en aura d’autres.

14H15. Départ du lieu Perpignan. Catalogne Nord, PAYS CATALANS.

(3) Son accent et ses expressions sont caractéristiques de Catalogne Nord. Il s’exprime avec facilité, c’est plutôt rare pour quelqu’un de sa génération, ici. La langue a peu été transmise dans les familles et son usage interdit à l’école de la République française et dans la société.

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4. ACTION SYMBOLIQUE. 24.11.06 / 13H30

Desembre 20, 2006

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13H30
Certains groupes sont déjà entrés pour les visites. Une vingtaine de personnes attendent encore… D’autres préfèrent rester dans leur véhicule et limiter les contacts. Sans compter les matons, on arrive bien à une cinquantaine de visiteurs, dont beaucoup d’enfants en bas âge et de nombreuses jeunes femmes venues seules…

Une seconde voiture de police arrive
et elle s’arrête au même endroit. Cinq fonctionnaires de police descendent du véhicule : quatre hommes et une femme. Un homme que j’identifie comme le responsable du groupe leur parle un instant, puis ils se dirigent droit vers moi, d’un pas décidé, mais sans nervosité.
Trois hommes se postent en face de moi, à cinq mètres et un autre se place sur ma gauche, plus proche de la table, à moins d’un mètre. ‘Le responsable’ et la femme viennent vers moi.

‘Le responsable’ me regarde puis considère la table quelques secondes, avant de me demander : « Qu’est-ce que c’est ? » Puis, il ajoute aussitôt en regardant la banderole : « Bon… C’est vrai que c’est visible ! ».

Je lui dit que c’est une action de soutien en vue d’obtenir l’Amnistie et la Libération pour Mikel et Marixol, détenus ici, et pour l’ensemble des prisonnier-e-s politiques basques, corses, bretons, kanaks, palestiniens, amazigh, sardes, catalans…

‘Le responsable’
Ce n’est pas possible de rester là.

Membre du collectif (en constitution…)
Pourquoi ? Pour quelle raison exacte ?

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3. ACTION SYMBOLIQUE. 24.11.06 / 13H-13H03

Desembre 20, 2006

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13H00

L’action se situe au cœur du rassemblement des familles qui attendent de visiter leurs proches incarcéré-e-s, à quelques mètres de l’entrée du C.D : cette proximité me semble cohérente. Je n’ai aucune idée de ce qui peut se passer, combien de temps je vais pouvoir rester là, si les autres personnes averties vont vouloir et pouvoir venir se joindre… J’ai choisi de rester debout à côté de la table, silencieuse, avec l’intention de rester jusqu’à 14 heures, comme prévu.
Un véhicule de la police municipale arrive.
Il s’arrête, juste en face de moi, en bordure de l’esplanade légèrement surélevée qui dessine l’entrée. La vitre se baisse, laissant apparaître le visage d’un fonctionnaire de police qui considère la situation. Un maton se dirige vers lui. Celui-ci observait, jusque-là, le stand, tout en restant éloigné. Ils se parlent. La conversation n’est pas compréhensible à cette distance, mais le geste du maton qui me désigne du doigt me laisse comprendre qu’il lui explique ce qu’il a observé. La voiture de police s’en va…

13H03

Je poursuis cette présence symbolique en me disant que cette voiture est le signe d’une suite : mais laquelle ?… Il ne fait pas trop froid… Je réalise que je suis en plein cœur du C.D et que ce n’est pas facile de venir ici en véhicule, sans se faire aussitôt filmer dans cet espace quasi-clos qui ne demande qu’à se refermer au moindre signal de menace…
Un maton vient se positionner à ma droite, durant un certain temps. Je le sens mais ne le regarde pas. Mon sac à dos est posé au sol contre la grille de l’entrée, sous le pied de la table, c’est possible qu’il étudie la petite configuration d’ensemble de cette présence. Il me semble qu’il part au bout de 10 minutes. C’est assez long…
Plus aucun maton ou fonctionnaire de police (visible !) à l’horizon proche ou lointain. L’ambiance se détend pour tout le monde. La moindre nervosité des matons se répercute aussitôt et se lit au travers de l’attitude générale des familles et visiteurs…
Calme plat. Chacun s’informe enfin du détail de l’action et la fait circuler… à sa façon… Les hommes ne parleront pas avec moi mais leur regard appuyé franchement, leurs hochements de tête et leur station à proximité de la table manifestent leur approbation et leur soutien tacite : pour certains, une curiosité mêlée d’admiration et pour d’autres, de l’interrogation… Personne n’ignore totalement de quoi il s’agit. Tous font plus ou moins le lien avec le procès des 14 basques en cours à Paris, la plupart ont pu suivre ‘l’information-spectacle’ au travers des médias officiels.
Une 1ère femme vient s’informer au stand, puis d’autres viennent ensuite. Tour à tour, chacune regarde avec stupeur la couverture de l’unique livre posé sur la table : ‘Torture au Pays Basque. Rapport 2002’. On voit le visage atrocement défiguré du jeune militant basque : Unai Romano Iguarta, mis au secret et torturé durant 5 jours par la guardia civil espagnole du 6 au 11 septembre 2001.
Voir dossier. http://ekaitza.free.fr/sources/romanofrlabur.pdf

Ces femmes, ce sont elles qui transmettront l’information exacte à tout les autres, en groupe et individuellement. Leurs questions sont précises. « C’est pour qui ? » C’est très rarement « Pourquoi ? », parce qu’elles savent déjà…
Si un silence de plomb règne à l’extérieur, dans la société, sur la présence des prisonnier-e-s politiques en Catalogne Nord, les proches et familles des détenu-e-s vivent le temps de la prison et ils suivent tout de ce qui s’y passe… Ces femmes connaissent les conditions de détention. Elles savent qu’une hiérarchie impitoyable s’opère par le système carcéral et entre les détenus : à partir de ce qu’ils ont fait.
Plusieurs me disent presque en s’excusant que l’Injustice peut AUSSI concerner les détenu-e-s de Droit commun. Elles ne le disent pas comme ça, mais elles l’abordent en parlant de celles et ceux (sans jamais les nommer) qui sont en prison quasiment pour rien, pour des délits mineurs, parce qu’ils sont considérés comme étrangers, indésirables ici, « et ça aussi c’est une Injustice ! », disent-elles…
Elles savent déjà et ce qu’elles découvrent, elles le décryptent très vite : elles ne restent pas longtemps, par pudeur et par respect. Mais leur venue est un soutien déclaré et SOUS L’ŒIL DES CAMÉRAS DE SURVEILLANCE DU C.D… Même éloignées, elles gardent le lien avec le stand en m’offrant un regard soutenu ou un sourire, de temps en temps… Les nouveaux arrivés sont vite informés spontanément par les autres. Ils font alors un salut de la tête, une façon de confirmer leur soutien…

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2. ACTION SYMBOLIQUE. 24.11.06 / 12H50

Desembre 20, 2006

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12h50
Je jette un rapide coup d’œil. Je suis venue avec une petite table dépliante sous le bras, un classeur rempli de documents (dossier Garzón 18/98, déclaration de Donostia 2004, les deux articles d’Iňaki de Juana Chaos, liste des prisonnier-e-s politiques…), un livre, des pétitions en catalan et français, un stylo posé dessus et surtout le drapeau basque avec deux petites banderoles ‘Euskal Presoak, Euskal Herrira’. Pour ne pas gêner l’entrée des familles et visiteurs, je décide de m’installer sur le côté à proximité d’une grille, à trois pas de l’entrée et de la trentaine de personnes qui attendent.
J’installe la petite table dépliante et l’ensemble du matériel. Aussitôt, je perçois une agitation des matons, visibles en ombres chinoises, au travers des vitres fumées du 1er sas de surveillance de l’entrée, conçu pour être en contact visuel avec l’extérieur du C.D. Une caméra est ostensiblement dirigée sur la zone de l’entrée : comme tout les visiteurs, je suis en plein cœur de son champ visuel…
Dès que j’ai installé la banderole, je vois les familles qui suivent du regard attentivement le montage en cours du petit stand. Certains s’approchent, un peu, pour mieux voir les documents. Je suis arrivée à l’heure de la relève des matons : j’assiste à un incessant va-et-vient de ceux qui entrent et sortent du C.D. En tout, environ une cinquantaine par petits groupes ou isolés. Tous regardent attentivement la table…
Quelques uns viennent expressément vers la table puis retournent à l’intérieur du C.D. D’autres se positionnent un moment, à proximité, de façon latérale et dorsale : jamais frontale. Je ne les regarde pas. L’action étant vraiment réduite et réalisée dans l’urgence, pour qu’elle fasse sens et qu’elle respecte la dignité des prisonniers politiques, je dois composer avec le minimal : à savoir faire UN, faire corps avec la petite installation nomade érigée en hommage à Mikel, Marixol, et à l’ensemble des prisonniers politiques basques, corses, bretons, kanaks, palestiniens, amazigh, sardes, catalans…
Il s’agit de donner à voir l’essentiel : PRÉSENCE DE MIKEL ET MARIXOL AU CD DE PERPIGNAN, INCONTOURNABLE DIMENSION POLITIQUE, VIOLENCE DE L’INJUSTICE CONTRE LES PEUPLES BASQUES, CORSES, BRETONS, KANAKS, PALESTINIENS, AMAZIGH, SARDES, CATALANS…ET LE DROIT À L’AUTODÉTERMINATION… (1) (…)

(1) Rendre publique auprès de la population de Catalogne Nord : la constante détention de prisonnier-e-s politiques au Centre de Détention de Perpignan, celle-ci étant érigée en véritable système intensif par les États français et espagnols avec la complicité des politiques locaux…
Refuser cette situation indigne d’un peuple libre : en sortant du silence actuel qui est une forme d’accord implicite, transmettre publiquement le sens de ces luttes politiques de libération sociales et nationales. Et contribuer à la constitution d’un collectif de soutien politique en Catalogne Nord.
Qui savait ? Qui veut savoir ? Aux mois d’août et septembre 2006, le prisonnier politique corse Ulivieru Orsini a été détenu au Centre de Détention de Perpignan, sans que personne ne s’en émeuve publiquement… Grâce à l’action de ses avocats et au soutien actif du Comitatu Contr’à a Ripressione, il a depuis été tranferé au centre de détention de Borgu, ainsi rapproché de sa famille et de son pays. Après cinq ans d’incarcération, depuis octobre 2006, il reste encore soumis au régime de la semi-liberté en rentrant chaque soir à la prison

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1. ACTION SYMBOLIQUE 24.11.06 / 12H45

Desembre 20, 2006

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ACTION SYMBOLIQUE. 24.11.06.

12h45
Arrivée, à pied, devant la grille rouge du Centre de Détention de Perpignan. Le lieu est excentré, tout proche d’une cité où sont concentrées certaines familles parce qu’elles sont d’origine immigrées… C’est là que se trouve l’association des visiteurs de prison avec un lieu d’hébergement pour les familles des détenu-e-s. De l’extérieur, on dirait une autre prison… miniature… Sinistre.
Ceux qui n’ont pas de véhicule doivent descendre à un arrêt de bus qui fait face à la cité, puis faire à pied les 300 mètres restants en empruntant une route périphérique, assez fréquentée, longeant un cours d’eau à sa gauche et bordée d’entrepôts et petites entreprises, à sa droite…
Le Centre de Détention de Perpignan entretient un étroit voisinage avec une petite zone résidentielle pavillonnaire ! La grille rouge signale l’entrée du centre et donne sur un parking qui encercle le C.D investit par de nombreux véhicules (voitures, camionnettes, motos…). On dirait un parking de grande surface commerciale…
Juste au moment d’entrer, je croise, je frôle un fourgon de police rempli de fonctionnaires d’État. C’est l’heure des visites : beaucoup viennent entre midi et deux heures. Une femme me demande une cigarette en castillan. Je cherche l’entrée : elle me la désigne du doigt, c’est tout proche. De nombreuses personnes attendent.
(…)

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CRIDA DEL 24.11.06

Desembre 19, 2006

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EL COL•LECTIU “AMNISTIA.PRESÓ.LLUITES.DRET”

FET AQUESTA CRIDA PER A

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GALLIZO*. Iňaki DE JUANA CHAOS

Desembre 18, 2006

El 14 de desembre últim, la Senyora Margarita URIA s’ha adreçat al president del Govern en el transcurs de la Comissió d’Investigació sobre els esdeveniments de l’11 de març per interrogar-lo, entre altres coses, sobre qüestions penitenciàries determinades. Després d’un preliminar de lloances enrojolades a la Senyora Mercedes GALLIZO, aquesta membre de la Comissió ha interrogat Senyor Rodriguez ZAPATERO exclusivament sobre la filtració de certes imatges i d’una carta als mitjans de comunicació. La senyora Margarita URIA no ha formulat preguntes sobre la tortura i els mals tractaments. Ni sobre la mort i la malaltia de presoners. No ha vist cap interès a l’aïllament i a la comunicació. Ni als accidents. I ha parlat encara menys de la dispersió, potser perquè se li hauria pogut respondre que aquesta política havia estat una de les principals batalles del seu propi partit. Un PNV legitimant la repressió i la més cruel de les polítiques penitenciàries, no només en el que concerneix la creació teòrica i la coberta portada a la posada en pràctica, però també com a protagonista amb els seus propis assessors en la Direcció General de l’Administració Penitenciària.

No ha vist cap interès a l’aïllament i a la comunicació. Ni als accidents. I ha parlat encara menys de la dispersió, potser perquè se li hauria pogut respondre que aquesta política havia estat una de les principals batalles del seu propi partit. Un PNV legitimant la repressió i la més cruel de les polítiques penitenciàries, no només en el que concerneix la creació teòrica i la coberta portada a la posada en pràctica, però també com a protagonista amb els seus propis assessors en la Direcció General de l’Administració Penitenciària. No formula qüestió pel que fa a això, perquè sap més que amb el motiu no havent-se-n’hi prou per no tenir més cap dret, incloent-hi aquell de no ser torturat. La hipocresia tradicional diu ‘el que vola un lladre té cent anys de perdó’. Els nous referents de la ciutadania diuen ‘violentar un atacat no és una doble violència, no és que justícia i silenci’. Però allò ho sabem tots, incloent-hi aquesta membre de la Comissió que canta les lloances de la Senyora GALLIZO.

I entre tants elogis de persones de bé (no com jo que sóc Basc i vermell, més diverses altres paraules en iste), m’he preguntat si m’equivocava. Sigues positiu Iňaki! m’he dit. Quins personatges els tres presoners trobats morts ahir al matí a les presons de Langraitz i de Zuera eren en pa d’espècia. Però, és curiós, no he aconseguit imaginar la Senyora GALLIZO altrament que no és realment, com ho eren els seus predecessors.

Quan el PSOE ha guanyat les últimes eleccions generals, certes esperances van néixer entre els que hi són propensos, que sigui per ingenuïtat o per necessitat. Il•lusions que, en política, acaben amb el temps per revelar-se falses. S’ha passat la mateixa cosa amb el nomenament de la Senyora GALLIZO en la Direcció General de l’Administració Penitenciària. Encara que al començament els nombrosos relleus en les direccions de les presons tinguin pogut ser pres com condicions prèvies a canvis més significatius, la relació nominal entre aquestes promocions em confirma en la convicció que l’únic horitzó de justícia a les presons és la demolició dels seus murs. Tan utòpic que aparegui aquesta esperança, és molt més realista, lluny de tota hipocresia, que pretendre o esperar que el formigó i l’acer tanquen els Drets Humans en lloc i col•loca violència i sofriment.

En aquesta presó d’Algeciras, Senyora GALLIZO ha destituït el director Miguel Angel RODRIGUEZ, àlies ‘el menjador de sabres’. Un professional culte, que reaccionava immediatament sentint el nom d’un presoner polític basc. I qui mantenia un discurs elaborat : “les resolucions judicials dels etarras, me’n barallo els testicles.” Un vell coneixement del Col•lectiu dels presoners polítics bascos, que no ha estat destituït per a l’acumulació de queixes i d’irregularitats de què era objecte. Ni fins i tot per a aquesta petita cosa que consisteix a, de manera presumpta, posar la mà a la caixa del centre penitenciari de Puerto II i per al qual ha estat posat en examen. Ha estat destituït perquè no pertany al mateix partit que Senyora GALLIZO. Es podia anar fins aquí !

Poso la televisió. Parlen del festival de cinema a Huelva. Al costat de l’actor Imanol ARIAS, fent-li tots els honors i calumniant-lo gairebé a ell, em sembla reconèixer una cara de trist record. Té els cabells blancs i sembla haver envellit molt, encara que no sigui a causa de la seva consciència que el pertorba. En qualsevol cas, serà el càstig per a tots els seus abusos. Sento un ximple consol a verificar en aquesta ocasió que el botxí en l’aire més malament en punt que les persones que ha torturat. No hi ha cap dubte.

Aquesta cara és gravada en les nostres memòries a força de cops, de mals tractaments i de gana. És Francisco SANZ. Subdirector de la presó de Malaga. Director del Salto del Negro, de Puerto II, avui del Centre Penitenciari d’Huelva, on s’ha arreglat perquè presoners posin un premi cinematogràfic en el marc d’aquest festival. Però calumnia l’actor Imanol ARIAS i la primera cosa que em ve al cap davant aquesta imatge és de preguntar-se si l’actor s’ha fixat en la marca del bastó i la humitat de la sang, donant-li la mà. Em sembla que al CP d’Huelva no hi ha hagut canvi de director.

La llista dels nous noms és llarga, fins a 21 i 10 més per canvi d’afectació. Alguns d’ells em fan buscar en la meva memòria. Era el 1977 crec, perquè l’única arxiva sobre la qual puc comptar, el meu cervell, no és un disc dur. En qualsevol cas, era en els anys que han seguit la mort del general FRANCO, quan la societat sobrepassava d’esperança i què maquinaven els partits polítics per destruir-la. Era a Madrid un d’aquests nombrosos dies de manifestació per a l’amnistia i la llibertat. He passat la Gran Via darrere de mi. He pujat pel carrer de Los Libreros, i a l’altura de l’Hotel Llanço avui desaparegut, m’he trobat amb un grup de joves com jo que baixaven corrent i cridant “han tirat”. Amb més de curiositat que de prudència, he continuat fins al final del carrer. He girat a la dreta prenent el carrer de l’Estrela, i a alguns metres d’allà, hi havia un jove estès sobre el sòl, mort en un bassol de sang. Tot era ple d’uniformes grisos i em sembla que els que havien tirat eren d’Argentins del Triple A. Què això pot fer ! Un d’aquestes sigles que amagaven tots la mateixa cosa, i que reapareixen a cada vegada que és necessari.

El jove que havia estat matat es deia Arturo RUIZ i tenia un germà que era d’esquerra al començament, i que ha acabat al PSOE i escarceller. Funcionari de presó de confiança, i tant que prestava a trenc d’alba el seu despatx a la presó d’Almería perquè poguessin tenir lloc les converses secretes entre enviats del Govern i dels representants d’una organització armada QUE NO ÉS ETA. D’aquestes negociacions que no existeixen mai, i que si existeixen són negades. Arturo RUIZ ha mort un dia de lluita per a l’amnistia i la llibertat i el seu germà viu per retallar aquesta. I viu molt bé com a nou director del CP de Sevilla II.
Jesús Eladio DEL REY REGUILLO, àlies el Tirillas, anomenat nou director del CP de Valdemoro. I la primera cosa que em ve al cap és el motí del mòdul I d’Herrera de la Mancha el 1988 en el moment de la qual més de la meitat de la quarantena de presoners polítics bascos érem passats per la infermeria i cinc companys s’havien trobat a l’hospital amb óssos trencats. Una imatge grotesca de Tirillas amb un ganivet de butxaca a mà al capdavant d’un grup nodrit d’escarcellers i de guàrdies civils, recorrent els passadissos del mòdul de cèl•lula en cèl•lula i indicant qui havia de rebre simple o doble ració de cops.

Manual MARTÍNEZ CANO, àlies el Morritos, anomenat nou director del CP de Jaén. Provocador i detonador del motí ja citat i del qual l’únic record agradable que hagi pogut deixar a un presoner és la seva imatge, esporuguit i cobert de la pólvora blanca que ve de l’extintor tingut per un company en el moment d’aquest mateix motí.

Antonio DIEGO MARTÍN, anomenat director del CP de Puerto II i posat en examen per a tortures i severitat injustificada a la presó de Sevilla II. Jutjat en companyia de l’exdirector general de l’Administració Penitenciària, Antonio ASUNCIÓN, mai no ha estat apartat del seu treball repressiu, exercitant fins a avui a la presó de Melilla. Els presoners destinats als llits durant setmanes. Les sessions de tortures, nus i aspergits amb aigua, les queixes i els udolaments, mai no han merescut un sol dia de suspensió de la seva càrrega. Al contrari, han merescut una promoció a l’arribada de Senyora GALLIZO.

Per què continuar la llista. Sóc convençut. La nova política penitenciària del nou Govern de Senyor Rodríguez ZAPATERO consisteix a recuperar o a promoure els personatges de trist record per als presoners en general i per al Col•lectiu de Presoners Polítics Bascos en particular. O a mantenir en la seva càrrega els que omplen aquestes condicions.

Les esperances han estat omplertes. O potser que m’equivoco i que els botxins són capaços de lluitar contra la tortura. No és l’experiència que enyoren. I llavors, seria fins i tot capaç d’imaginar la Senyora GALLIZO altrament que no és.

Iňaki DE JUANA CHAOS. Publicat en el Diari Basc ‘GARA’. 01.12.2004

*Traduccio en català : Col.lectiu ‘Amnistia.Presó.LLuites.Dret’

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UN PERIODISTA BASC : IÑAKI DE JUANA CHAOS

Desembre 18, 2006

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UN PERIODISTA BASC : IÑAKI DE JUANA CHAOS
EN VAGA DE LA FAM
MORIRÀ…

Li recordem que Iñaki de Juana morirà.
Solidaris amb el Poble Basc en LLuita – París
Email. contact@spbl-paris.org
Web : www.spbl-paris.org

El 13.12.06. Perpinyà, Països Catalans.

IÑAKI DE JUANA CHAOS
Un humà lliure,
periodista basc,
membre del Moviment d’Alliberament del Poble Basc…

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L’ESCUT*. Iňaki DE JUANA CHAOS

Desembre 18, 2006

Miro la televisió. Escolto la ràdio. Llegeixo diaris i revistes i el bombardeig és intensiu i permanent. L’enemic ha crescut. Detencions en Iparralde i en Hegoalde. Batudes en els Estats francesos i espanyols. Informacions enverinades que intenten inocular el virus de la desconfiança.

El Lobo, un simple bocamoll que la policia ha premut abans de llançar-lo a favor dels inutilitzables (com tots els bocamolls) és recuperat avui i elevat a la categoria d’heroi de la infiltració i dels serveis secrets; a la de personatges de pel•lícules i de reportatges on s’exhibeix en fanfarrónades novel•lesques a base de xecs i de guions.

Maniobres de desànim. Fugides organitzades en la premsa de correspondència i de converses, totals o parcials, però a tot els casos interessades i manipulades, fins i tot si reconec que no hem de facilitar-los el treball.

Dispersió a les presons : penitenciari i interpenitenciari. Els mals tractaments, les tortures renovades amb les èpoques però permanents en les formes i tan antigues com la repressió política. Les agressions. El sofriment per a les nostres famílies i amics. Els companys malalts de qui la gravetat de la situació és objecte de xantatge.

Sí, l’ofensiva és difícil, sobre tots els fronts és incontestable. Potser l’enemic s’aventura-t’ell a pensar que ens pot matar ? Que pot acabar amb el Moviment d’Alliberament Nacional Basc ? Que aconseguirà fer doblegar-se un poble, o almenys a posar els seus passos silenciosos no deixant-lo caminar més que sobre moqueta ?

No necessito ser endeví per poder cridar amb tota la meva força i la meva convicció, en una expressió políticament incorrecta : són fets! Farà fotre amb tot el que ha fet abans perquè no guanyarà. O potser no s’han donat encara compte que tenim un escut indestructible que no és altre que la raó ?

Com tot poder totalitari, feixista o neofeixista, el govern actual del PSOE, com el seu predecessor i aquells d’abans, es veu obligat a reescriure la història de manera permanent; de manipular i de mentir, creant de bons i de dolents a la seva conveniència, passar de molt lluny de la ratlla de la cèlebre ficció orwellienne. I això com a estratègia de guerra en el sol i proclamat objectiu de la nostra assimilació, d’obtenir el renunciament als nostres principis, valors i drets, i la nostra integració al sistema.

Jutges prevaricadors, polítics corromputs, professionals de la tortura, escarcellers sense escrúpols : són avorrits, fatigosos, previsibles. No mereix cap respecte ni consideració, no la menor cosa que mereixeria canviar el to d’aquesta carta.

Però allò mereix una explicació. Totalitari l’actitud de Zapatero ? Feixistes aquests ulls bonics blaus i aquest somriure angelical ? Aquell mateix que ha tret els soldats de l’Iraq ? Aquell que modificarà les lleis sobre l’avortament, el divorci i altres per acontentar una ‘esquerra domesticada’ ? I ben sí, tot allò és sense el menor dubte del totalitarisme, ja que prenent Euskal Herria com a punt de referència, el que no sabria ser diferent per als Bascos, el que promulga lleis d’excepció, aquell que crea o manté en vigor els tribunals d’excepció, aquell que protegeix la tortura, prossegueix i reprimeix els drets d’associació, d’expressió, de premsa; el que prohibeix la participació política i electoral; i el que fa tot allò per reduir una nació al silenci i negar el seu dret a l’autodeterminació és un feixista de manual, separem floritures de llenguatge.

Tècnicament, he acabat el 5 d’octubre de 2004 de netejar la pena intramuros que m’ha estat imposada pel sistema jurídic i penitenciari sota el Codi Penal de 1973, codifica franquiste incomparablement més ‘tou’ que el seu hereu actual. Des d’aquest dia, no he sortit de presó, oficialment perquè el jutja Gómez Bermúdez, altra estrella meteòrica nascuda del sofriment basc, té ‘dubtes’ sobre la pena consumada.

I una vegada encara, el menyspreu en el qual la llei és mantinguda pels seus propis servidors no falta de sorprendre’m, que no perden mai aquesta capacitat! Que la refusàvem i la combatem és normal, però que els que en viuen la menyspreïn és un indicador suplementari de la seva funció.

Tanmateix, els termes d’il•legalitat, de presa d’ostatge no poden ser utilitzats en el meu cas. I el fet que ho siguin per a la meva defensa em desagrada, perquè som 700 a ser retinguts en ostatge i de manera il•legal, i certs des de fa més temps que jo, i extramuros és tota una part de la societat que no s’ha doblegat que ho és igualment. Al cap i a la fi, són centenars de milers de Bascos que són avui al règim penitenciari, en l’espera de la nit en què uniformes vindran colpejar a la seva porta i notificar-los la repressió per al seu mal comportament.

El ministre López Aguilar ha estat molt més clar. Juana en cap cas no pot ser alliberat i no hi ha res a afirmació de més. Motiu ? No dóna cap signe de ‘resocialització’. Tanmateix, i feliçment, de resocialització no hi ha cap signe tampoc en la immensa majoria de les 700 presoneres i presoners, ni en una gran part de la societat basc.

Perquè resocialitzar en el sentit utilitzat per l’enemic implica la derrota i l’acceptació dels contra valors tan magníficament defensats per tots els López Aguilar, Zapatero i Gómez Bermúdez. Però s’haurien de formular una qüestió : si 700 companys havent fet i tenint encara a fer milers d’anys de presó no donen cap signe de ‘resocialització’, no allò seria a causa d’un defecte en el ‘tractament penitenciari’? Aquest defecte és que posseïm l’escut de la raó. I que res no és invencible, ni personalment, ni políticament, excepte la interiorització del fracàs.

En tots els processos, hi ha alçàries i parts baixes. Les aparences són enganyoses també. Políticament, el soroll no significa la força, el silenci no significa la feblesa. Guanyarem. Llegim la història d’altres processos victoriosos, no dels perdedors. Comparem l’acceptació del nostre discurs polític per una part de la societat basc, mantenint i fa 25 anys. I la resta és fàcil : treball, sacrifici, ensenyar-se d’errors i no posar bastons a les rodes de la nostra pròpia bicicleta.

Fa anys, he sentit un company molt apreciat cridar amb força ‘Tregui les seves mans brutes d’Euskal Herria’. Sí, prengui’ls, perquè tot altre camí no implica més que sofriment. O el futur acabarà ensenyant, sense el menor dubte, que els hi perdrà.

Iňaki DE JUANA CHAOS / Publicat en el Diari Basc ‘GARA’. 01.12.2004.

*Traduccio en català : Col.lectiu ‘Amnistia.Presó.LLuites.Dret’

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