2. ACTION SYMBOLIQUE. 24.11.06 / 12H50

Desembre 20, 2006

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12h50
Je jette un rapide coup d’œil. Je suis venue avec une petite table dépliante sous le bras, un classeur rempli de documents (dossier Garzón 18/98, déclaration de Donostia 2004, les deux articles d’Iňaki de Juana Chaos, liste des prisonnier-e-s politiques…), un livre, des pétitions en catalan et français, un stylo posé dessus et surtout le drapeau basque avec deux petites banderoles ‘Euskal Presoak, Euskal Herrira’. Pour ne pas gêner l’entrée des familles et visiteurs, je décide de m’installer sur le côté à proximité d’une grille, à trois pas de l’entrée et de la trentaine de personnes qui attendent.
J’installe la petite table dépliante et l’ensemble du matériel. Aussitôt, je perçois une agitation des matons, visibles en ombres chinoises, au travers des vitres fumées du 1er sas de surveillance de l’entrée, conçu pour être en contact visuel avec l’extérieur du C.D. Une caméra est ostensiblement dirigée sur la zone de l’entrée : comme tout les visiteurs, je suis en plein cœur de son champ visuel…
Dès que j’ai installé la banderole, je vois les familles qui suivent du regard attentivement le montage en cours du petit stand. Certains s’approchent, un peu, pour mieux voir les documents. Je suis arrivée à l’heure de la relève des matons : j’assiste à un incessant va-et-vient de ceux qui entrent et sortent du C.D. En tout, environ une cinquantaine par petits groupes ou isolés. Tous regardent attentivement la table…
Quelques uns viennent expressément vers la table puis retournent à l’intérieur du C.D. D’autres se positionnent un moment, à proximité, de façon latérale et dorsale : jamais frontale. Je ne les regarde pas. L’action étant vraiment réduite et réalisée dans l’urgence, pour qu’elle fasse sens et qu’elle respecte la dignité des prisonniers politiques, je dois composer avec le minimal : à savoir faire UN, faire corps avec la petite installation nomade érigée en hommage à Mikel, Marixol, et à l’ensemble des prisonniers politiques basques, corses, bretons, kanaks, palestiniens, amazigh, sardes, catalans…
Il s’agit de donner à voir l’essentiel : PRÉSENCE DE MIKEL ET MARIXOL AU CD DE PERPIGNAN, INCONTOURNABLE DIMENSION POLITIQUE, VIOLENCE DE L’INJUSTICE CONTRE LES PEUPLES BASQUES, CORSES, BRETONS, KANAKS, PALESTINIENS, AMAZIGH, SARDES, CATALANS…ET LE DROIT À L’AUTODÉTERMINATION… (1) (…)

(1) Rendre publique auprès de la population de Catalogne Nord : la constante détention de prisonnier-e-s politiques au Centre de Détention de Perpignan, celle-ci étant érigée en véritable système intensif par les États français et espagnols avec la complicité des politiques locaux…
Refuser cette situation indigne d’un peuple libre : en sortant du silence actuel qui est une forme d’accord implicite, transmettre publiquement le sens de ces luttes politiques de libération sociales et nationales. Et contribuer à la constitution d’un collectif de soutien politique en Catalogne Nord.
Qui savait ? Qui veut savoir ? Aux mois d’août et septembre 2006, le prisonnier politique corse Ulivieru Orsini a été détenu au Centre de Détention de Perpignan, sans que personne ne s’en émeuve publiquement… Grâce à l’action de ses avocats et au soutien actif du Comitatu Contr’à a Ripressione, il a depuis été tranferé au centre de détention de Borgu, ainsi rapproché de sa famille et de son pays. Après cinq ans d’incarcération, depuis octobre 2006, il reste encore soumis au régime de la semi-liberté en rentrant chaque soir à la prison

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